Club des lecteurs
BERGEN, David. – Un passé envahi d’ombres
Encore un roman sur les combattants du Vietnam très bien écrit et qui bouleverse par ses images de guerre et de cauchemars récurrents de la part de ces soldats, qui comme le héros du livre, ne peuvent résister à leurs emprises.
Noele
BESSON, Philippe. – Un homme accidentel
A quoi tient le hasard ? La passion amoureuse de deux hommes dont l’un ne se savait pas homosexuel (quel choc !) est le sujet du livre. Mais le libre arbitre existe, se laisser entraîner ou réagir ? Pour cela, il ne faut pas que la passion s’installe.
Philippe Besson est égal à lui-même dans ce roman et nous fait partager passion et aléas de la vie.
Il y a-t-il une moralité à cette histoire ?
ND
BUCAY, Jorge. – Je suis né aujourd’hui au lever du jour
Plusieurs contes qui effectivement font réfléchir sur notre fonctionnement, notre façon de penser et d’exister, avec le pire ou le meilleur.
Le Respect : tu n’es pas comme cela me convient, tu n’es pas ce je veux.
Tu es comme tu es. Accepter cela, c’est te respecter, c’est « créer l’espace qui permet à l’autre d’être ce qu’il est ».
La différence : relation avec les autres qui se dégrade avec le handicap.
L’aveuglement de l’amour : L’attirance existe entre deux êtres, l’un fait l’impossible pour atteindre l’autre même en parvenant à son but mais très amoindri physiquement, c’est le rejet.
La cupidité : intérêt de l’argent
L’instinct de survie : l’effort inespéré d’un jeune enfant pour sauver son petit frère d’un incendie. On devient quelqu’un d’autre, la force est déployée.
La vanité : avec les compliments de chacun, on se croit un surhomme, puis un jour sur une simple réflexion on s’aperçoit que finalement ce n’est pas l’enveloppe qui compte mais le contenu.
La furie et la tristesse : Souvent le mal être qui s’ouvre s’exprime par une hyper agressivité.
Enfin la peur du temps qui passe : Au lever du jour, c’est l’enfance. A midi, c’est déjà l’adolescence. Et ce qui effraie, c’est que ce soir ou demain, je serai peut-être trop vieux pour faire ce que j’ai laissé en suspens. Essayer de ne rien regretter, c’est le plus difficile à faire mais peut-être le plus important.
N.C
CLAUDEL, Philippe. – Le rapport Brodeck
Enorme suspens, ambiance glauque, obscure, pesante qui vous tient en haleine jusqu’aux dernières pages du livre. La peinture si bien décrite des personnages et des lieux donne l’impression de faire partie de ce récit, d’être happée par l’atmosphère si tremblante de cette énigme.
A lire absolument !
N.C
Philippe Claudel a beaucoup de points communs avec Jean Giono. L’amour pour la nature, pour les animaux, et un regard lucide sur l’être humain. « La guerre ravage mais révèle »fait-il dire à Andere, le personnage le plus énigmatique du roman, qui paiera de sa vie son besoin de dire la vérité.
La vérité, dans ce roman, ressemble à la noirceur au fond de chacun ou de certain. Elle dérange, fait peur, surtout en ces années d’après guerre, pour ces français qui avaient mauvaise conscience. C’est important de le savoir et cela vaut bien un roman de 400 pages. Mais quand donc les écrivains de la veine de Philippe Claudel mettront leur talent au service du positif, du beau, de l’espoir qui est aussi en chacun de nous pour nous réconcilier avec la vie.
Florence
EGLOFF, Joël. – L’étourdissement
Dans une atmosphère sombre et irrespirable, un employé des Abattoirs tente de survivre en rêvant d’un ailleurs. Quelques moments cocasses et un humour cynique éclairent le texte.
L’écriture poétique donne tout son intérêt au récit
Jocelyne
GOUGAUD, Henri. – L’amour foudre
Avec une variété de contes étonnante et méconnue sur le sujet, Henri Gougaud nous propose dans son livre « L’amour foudre » une ode à l’amour. Passion, jalousie, amour noble et simple, délices et cruautés, folie et sagesse, le thème est abordé sur tous les angles, concerne tous les pays. Encore une fois, entrer dans l’univers des contes sous la plume d’Henri Gougaud nous envoie à notre propre humanité. Un régal !
Florence
GREGORY, James et GRAHAM, Bob. – Goodbye Bafana, le regard de l’antilope.
Gregory vit très heureux dans une nature sauvage au milieu des Zoulous. La liberté de cet enfant, ami de Bafana, étonne. Il apprend à son contact toute la culture Zouloue (Chasse, chants, danses, coutume, langue).
Adulte, devenu gardien de prison, il est haineux et féroce vis-à-vis des noirs. Et pourtant, grâce au Mandarin noir, dont la dignité l’impressionne envers et contre tout, une amitié indéfectible le liera à jamais…
Une histoire merveilleuse et pleine d’enseignements.
Nicole L.
HOSSEINI, Khaled. – Mille soleils splendides
Le destin de deux femmes très différentes l’une de l’autre de part leur passé mais qui unissent leur effort, leur combat pour survivre dans cet enfer de deuil, de douleur, de souffrance et enfin de mort qu’est l’Afghanistan d’aujourd’hui. C’est la fuite vers le Pakistan pour Raela. La vie reprend avec ses enfants, son amour d’enfance retrouvé, et aussi ses souvenirs. Après un moment de doute « faut-il retourner dans un pays où la fumée des bombes ne s’est pas encore dissipée ? ». Le désir est le plus fort, le besoin de se sentir utile à son pays et la voix de ses chers parents disparus : « Nul ne pourrait compter les lunes qui luisent sur les toits, ni les milles soleils qui se cachent derrière les murs ».
Magnifique, vivant, exemple de courage et de survie. On aimerait que le livre ne s’arrête jamais.
Nicole C
INDRIDASON, Arnaldur. – La voix
C’est l’assassinat du portier Gulli dans un Hôtel en Islande. C’est Erlendur qui mène l’enquête, logeant à l’hôtel.
Gulli inconnu de tous, s’est déguisé en Père Noël, cet élément fera avancé l’enquête. Il ya aussi les prostituées que le commissaire découvre peu à peu grâce à sa fille qui lui explique ce milieu qu’elle fréquente car elle de drogue régulièrement.
En parallèle est menée une autre enquête, celle d’un enfant battu dont le père est soupçonné d’être coupable.
Gulli, qui a vécu dans le monde de la musique est devenu un rien alors qu’il a été un enfant star. Je ne dirais pas qui est le coupable afin de laisser le plaisir de le découvrir à ceux qui voudraient lire ce livre.
J’ai bien aimé ce roman policier agréable à lire et que je conseille.
Florence B.
KRISTIYABA Valcheva. – J’ai gardé la tête haute
« 1999, en Libye. Cinq infirmières bulgares et un médecin palestiniens sont arrêtés, accusés d’avoir volontairement inoculé le virus du sida à des centaines d’enfants. Kristiyana Valcheva est l’une des infirmières. Enlevée en bas de chez elle, elle ne saura jamais pourquoi elle a été choisie. Elle n’a jamais travaillé dans l’hôpital concerné ! Mais les policiers qui l’ont enlevée veulent lui faire avouer qu’elle est à la tête d’une machination diabolique destinée à tuer des enfants libyens. Des mois durant, toutes les nuits, elle est frappée et torturée. Mais Kristiyana a décidé de résister. Commence alors pour elle, depuis sa prison, un très long combat contre la douleur, le mensonge, le temps, qu’elle raconte pour la première fois dans ce témoignage exceptionnel. »
Il n’y a rien à ajouter à cette 4ème page de couverture, sinon qu’il faut lire ce livre pour voir jusqu’où peut aller la folie des hommes. Aucun progrès depuis l’Inquisition !
Yves
LOKKO, Lesley. – Des amies, des amants, des années
Une jeune aristocrate blanche vit en Afrique du sud pendant l’Aparteid. Elle est protégée et ne fréquente pas la société noire. Envoyée en Europe pour parfaire son éducation, le mélange des races est un choc pour elle. L’auteur analyse l’état d’esprit de l’héroïne qui s’européanise.
Cette étude très poussée et nous montre le gouffre qui sépare les deux communautés noire et blanche.
N.D
MARTINEZ, Carole. – Le cœur cousu
Ce roman est un conte qui se déroule dans un mélange de magie et de sorcellerie et parfois de cruauté. Bien que je n’ai pas aimé le style, il est difficile de ne pas poursuivre cette lecture jusqu’au bout. Cela me fait penser à Don Quichotte.
ND
MIHAILEANU, Radu. – Va, vis et deviens
Dans les années 80, des juifs éthiopiens sont sauvés grâce à l’opération Moïse qui leur permet de s’envoler pour la terre promise en Israël. Une jeune mère éthiopienne chrétienne désespérée se résout à perdre son dernier fils survivant pour le sauver de la famine, de la misère et peut-être même de la mort. En arrivant en terre sainte, cet enfant s’étonne et découvre curieux le spectacle de la nuit d’Israël. Comment imaginer un endroit pareil ? Un endroit où l’eau coule à volonté, de l’eau pure, transparente comme il n’en a jamais vu ! Il sera déclaré orphelin. Mais il lui faut se taire, ne jamais révélé qu’il n’est ni juif, ni orphelin. Plus tard, il sera adopté par une famille juive francophone à Tel Aviv. Pour lui commence une nouvelle vie. Il devra faire face au racisme, découvrira l’amour et tentera de toujours surpasser sa souffrance intérieure, qui l’amènera à combattre l’intolérance. Mais dans son cœur, il ne peut oublier sa mère et il rêve de la retrouver.
A lire ce beau roman émouvant qui traduit le courage d’une mère ainsi que le parcours d’un jeune qui respecte avec crainte, respect, douleur mais détermination le souhait de sa mère en le quittant : « va vis et deviens ».
Sylvie
PEJU, Pierre. – La petite Chartreuse
C’est à cinq heures du soir sous la pluie de novembre que la camionnette de Vollard heurta de plein fouet la petite Eva.
Vollard n’ose pas toucher cette petite chose inerte, ce bout d’enfance qu’il voit là devant lui. Après le rapport achevé des policiers qui lui annoncent qu’il ne pouvait pas faire grand-chose, Vollard s’engage sur une route qui monte vers la montagne de la Chartreuse. Son errance dans la montagne l’aide à admettre qu’il lui faudra vivre avec « ça » désormais.
Thérèse, la mère d’Eva tente de se convaincre, qu’il faut être une mère pour sa fille, ne pas fuir. Assumer seule son enfant, sans père, ni repère. Elle arrive très souvent en retard à la sortie de l’école. Aujourd’hui encore… Eva qui ne connait pas bien la route a tenté de rentrer seule…
Réanimations, soins intensifs, traumatologie, c’est dans ce lieu d’attente que se rencontreront pour la première fois Vollard et Thérèse. Plus tard le soir, ils apprendront que Léa est dans le coma et qu’il faudra beaucoup lui parler.
« Le verbe être » est une vieille librairie : anarchie, commerce à petit échelle, lenteur, lumière, lecture, un vrai bonheur. Le plus souvent Vollard se tenait assis au fond de sa librairie : araignée géante au centre de sa toile. Chaque jour, il descendait vendre ses livres. Mais qui est Vollard ? Qui est cet étrange libraire colossal que seul l’auteur nous fera rencontrer ?
Vollard se rendait souvent à l’hôpital, il y rencontrait Thérèse, souvent pressée. Rencontre chaque jour avec Eva, apparence princière, calme impressionnant de l’enfant qui s’était installé dans une léthargie durable. Princesse endormie.
Vollard se surprenait à raconter une histoire à l’enfant, puis deux,…Le lendemain, le surlendemain. Des histoires qui lui revenaient en mémoire. Un matin d’hiver, superbe, Eva se réveilla. Le diagnostic tomba, elle ne parlerait plus.
Mais qu’adviendra-t-il de ce petit corps fragile ? Eva devenue la petite Chartreuse de Vollard. Essentielle pour lui, pour permettre à Vollard d’exister.
Merveilleux voyage dans le monde des livres et des écrivains, recueillement et contemplations, légèreté et beauté.
Sylvie
RASY, Elisabetta. – La science des adieux
Une page d’histoire de l’URSS des années 25 à 55, où les écrivains sont les victimes toutes désignées d’exaction pour ne pas adhérer à la pensée unique d’un pouvoir totalitaire.
L’amour infaillible de Nadejda pour le poète Mandelstam aura raison de l’oubli dans lequel il allait sombrer.
Jocelyne
ROTH, Philippe. – Un Homme
Un homme parmi d’autres, à la fin de sa vie, fait le bilan pour constater qu’il s’est laissé consumé par sa soif de vivre sans mesurer la souffrance qu’il imposait à son entourage et à sa famille.
Il a eu une vie bien remplie mais égoïste.
ND
XINRAN. – Baguettes chinoises
La vie en Chine, à la ville comme à la campagne parait bien réelle. Ce roman est le reflet d’une Chine qui se cherche à travers la vie des 3 baguettes, qui prouve que l’on peut inverser le sort avec courage et obstination, ou bien se couler dans le moule traditionnel.
ND
Bandes dessinées
DAVODEAU, Etienne. – Chute de vélo
Pour les vacances, une famille se réunit dans la maison de la grand-mère atteint de la maladie d’Alzeihmer, et désirant la vendre font les derniers travaux de nettoyage. Tous les enfants sont là (ou presque) et les amis aussi. A côté de la propriété familiale, un chantier de rénovation attire les enfants. L’un des ouvriers est un vieux maçon rôdé aux contraintes et aux techniques du métier. L’autre ouvrier est plus jeune et pas forcément capable. Entre eux deux, on ne peut pas dire que le courant passe.
Du vélo de Jean le petit fils à celui du grand-père, les confidences fusent. Nul n’est parfait, ni complètement méchant !
Belle narration graphique dont la couverture annonce la couleur de l’album. Image simple d’une petite rue tranquille, qui donne envie d’en savoir plus et de magnifiques séquences notamment quand Toussaint l’ami de famille contemple silencieusement Jeanne en train de dormir.Bel album
Florence
SAVATIER, Vanyda. - L'immeuble d'en face. - Boîtes à bulles. - 2 vol. - BD IMM
Au sein d'un immeuble, des voisins de rencontrent au hasard de leur histoire : croisement dans l’escalier, solidarité, petites histoires heureuses ou malheureuses. Vanyda Savatier, petite tricoteuse de vraies histoires, au coup de crayon prodigue et tendre, met en scène de vrais sachets de thé dans l'eau bouillante, de vrais bisous au dentifrice, de vraies portes qui s'ouvrent...
Emouvant ! Un petit bijou !.... A lire.
Florence
SERVAIS, Claude. – Déesse blanche, déesse noire
A leur naissance, deux petites filles prématurées sont choisies par le peuple féerique. Comme leurs mères deviennent amies, elles deviendront inséparables. Mais soumise à l’influence du troll Malicious, Maud immorale acquière progressivement un comportement que les parents de Vanessa, fille modèle influencée par le lutin Anicet, ne peuvent accepter. Malgré l’interdiction de ne plus se voir, les deux filles demeurent unies. Vanessa tombe amoureuse d’un artiste peintre et Maud d’un loulou viril. A leurs 18 ans, elles ressentent un irrésistible besoin de partir de chez elles et d’aller au devant de leur destin, accompagnées de leur compagnon respectif.
Servais a ici composé un univers original avec différents personnages et mythes liés au peuple féerique. Agréable à lire
Florence
TAYMANS, André. – Caroline Baldwin: Angel rock. – Tome 6
Ce tome 6 marque un tournant dans la série. Jusqu’à présent, Caroline Baldwin, détective privé, était plutôt du genre héros inaccessible, superwoman. Ici, confrontée à sa séropositivité, Caroline Baldwin va devoir vivre désormais avec. L’héroïne prend une part humaine, perd un potentiel d’identification pour se rapprocher du lecteur en devenant une femme fragile par ses réactions, ses doutes.
Caroline Baldwin est seule et plus que déprimée dans un petit bled de montagne. Elle dort au « train Motel » et passe ses journées dans l’unique bar du coin, desserrant à peine les dents pour dire « Bonjour et adieu » à Doug le patron. Un beau matin, la petite ville est en proie à une certaine agitation : un guide de haute montagne n’a pu soutenir son client , Steve Rodwell, disparu dans une avalanche alors qu’ils tentaient l’ascension du pic Angel Rock.
Caroline et le père du disparu partiront à sa recherche.
De beaux paysages de montagnes, des personnages originaux – surtout celle de l’artiste muet, une histoire crédible dans son ensemble, plus aventureuse, moins policière.
Florence
Nouveau Talent
Andrieux, Richard. - José
La schizophrénie des mots ouvre une porte sur un autre monde. José, 9ans renomme les objets pour qu’ils puissent s’animer. Ainsi son bureau s’appelle Chêne, son lit voyage, le chandelier colonel, le couteau Monseigneur et le curé avec sa robe Marquise. On est étonné de la justesse des noms trouvés, de leur lien magique. Le psychisme des mots protége mais enferme jusqu’au jour où José basculera dans un mutisme profond. Pourtant ce livre n’est pas triste. A souligner le travail extraordinaire d’une infirmière et d’un pédopsychiatre.
Florence
Chaumard, François. - Décrochages
L’auteur est commissaire de police à Troyes. L’auteur pratique le triathlon. Pour son premier roman, il mixte ces deux activités et nous fait découvrir leur milieu.
Celui de la police qui traque les délinquants de tout genre pour la sécurité de notre société. Celui d’une discipline sportive particulièrement exigeante en matière d’engagement physique. Qui dit compétition sportive fait penser au dopage même chez les amateurs.
Voici notre policier confronté à une succession d’accidents mortels supposés provoqués par une mauvaise utilisation de «cocktails» performants.
En cherchant à découvrir le responsable de « ces empoisonnements », notre enquêteur se retrouve très vite dans la peau de l’accusé. Grâce aux coéquipiers de son club et à sa perspicacité, le commissaire Rainalle, emprisonné fera la lumière sur cette affaire, retrouvera sa liberté et l’amitié de ceux (et de celle) qui n’ont jamais douté de lui.
Yves
Collasse, Richard. - La Trace
Pour ses vacances estudiantines, le héros renonce au Brésil pour suivre les conseils d’un ami de son père : il se rendra au Japon. Passionné de photographie, il pourra ainsi acquérir à moindre coût (1972) ce fameux Nikon objet de ses désirs. Accueilli dans plusieurs familles nous découvrons avec lui les subtilités d’un art de vivre et d’une culture qui nous sont étrangers à bien des égards. Un chapitre sur deux, nous les découvrons 35 ans plus tard installé définitivement au pays du soleil levant, chef d’une entreprise de cosmétique, parlant et lisant couramment le japonais.
Ce n’est qu’à la fin du livre que nous découvrons pourquoi cet homme est revenu au Japon, a appris à lire et à parler dans une langue si difficile pour nous européen.
Nous revivons avec lui une merveilleuse histoire d’amour que nous aimerions tant qu’elle finisse bien.
Pour décrire avec une telle sensibilité les moments intenses vécus par notre jeune étudiant, on peut délibérément penser que l’auteur a vécu cette belle histoire.
Yves
Chacun pourrait comme le dit l’auteur « suivre sa pesanteur personnelle dans l’ignorance des autres. [Et] l’horreur resterait sans visage, indifférente…dans l’écoulement tranquille des choses».L’auteur l’affiche d’emblée : ce roman est écrit pour réveiller les consciences. Et on est secoué .Comment ne pas être sensible à tous les laissés pour compte : mineurs qui ont fui la violence familiale et qui se condamnent à l’errance, à la misère des squats, anciennes prisonnières des serbes, prises dans un réseau de prostituées dans un pays étranger. A chaque page, on se demande : Et si c’était vrai, si l’horreur et l’indicible s’incarnaient ;
David Le Breton écrit ici un roman noir passionnant, très documenté sur le monde sur la douleur de grandir dans un monde hostile.
Florence
Le Breton, David. – Mort sur la route
Tous les ans des milliers de gens disparaissent en France sans laisser de traces. Parmi elles, de nombreux jeunes qui fuient une famille recomposée, d’autres parents hostiles à cette nouvelle progéniture. Ils se retrouvent sur le trottoir, SDF ou dans des squats, dans la saleté, la promiscuité, la drogue. Parmi ces jeunes, les filles sont une proie facile pour les maquereaux, les prédateurs en tout genre. L’auteur nous fait découvrir une organisation issue des Balkans, miliciens tueurs serbes ayant échappé aux arrestations des criminels de guerre recherchés après l’armistice. Thomas, la quarantaine, intellectuel en recherche d’identité découvre cet univers d’adolescents en mal de vivre. Il nous entraîne dans sa recherche d’une jeune fille disparue qui a choisi son chemin.
Enquête passionnante et très bien documentée. Un polar qu’on ne quitte qu’avec le mot FIN
Yves
Les autres auteurs
Baricco, Alessandro. – Cette histoire-là
D’une écriture alerte, Baricco nous entraîne dans le rêve d’un enfant, Ultimo, dans son attrait pour les courses automobiles. Mais ce n’est pas tant l’automobile qui le fascine que le circuit ou plutôt la piste, la route (cette route qui symbolise la trajectoire de toute sa vie) à laquelle il va rester fidèle de bout en bout, écartant le doute, les obstacles et la trahison.
Il rencontre Elizaveta, pure et forte comme lui. A la fin de sa vie, celle-ci sait qu’elle n’a aimé que Ultimo et elle va faire reconstruire la piste pour reconstruire une dernière fois les dix-huit courbes, les dos d’âne et entrer dans la vie d’Ultimo qui voulait recréer l’ordre au milieu du chaos.
Lire ce livre merveilleusement écrit et construit, c’est y puiser un plaisir intense et une grande sagesse.
Jocelyne
Un amour qui fait rêver mais qui malheureusement se termine d’une façon très surprenante et pathétique. Des lettres tendres que l’on aimerait recevoir. Beau roman.
Nicole L
Beyala, Calixte. – L’homme qui m’offrait le ciel
C’est l’histoire éternelle entre une femme célibataire et un homme marié. Pourtant tout les oppose. Il est vieux et célèbre. Elle est noire. Ils vont s’aimer d’un amour fou pendant 2 ans. Elle est rejetée par les siens : « Albinos » (ses yeux virent facilement au rouge) « Bâtarde » (elle qui se bat pour ses frères noirs déshérités).
Elle n’espère rien de lui : « mon sens de l’équité m’interdit de demander à un homme de plus de soixante ans de divorcer ».Pendant 2 ans ils vont se voir quotidiennement, malgré sa célébrité qui le fait reconnaitre dans tous les lieux publics. Ils ne se cachent pas. Il va même jusqu’à lui offrir une alliance.
Sa vie et son métier finiront par le rattraper, il ne peut les abandonner : « Si tu m’aimes, il faut admettre que nous ne vivrons jamais ensemble…Je sais que je vais être malheureux. Je veux garder de notre histoire un souvenir éblouissant. Je t’aimerai toujours. François ».
A la question posée par Andela à sa bonne africaine : « les mecs sont tous comme ça ? » Rosa répond « ouais, surtout les vieux. Ils ont peur de changer de peau. Ce sont leur épouse, quand elles ont un peu de dignité qui les foutent à la porte, sinon ils restent et bouffent leurs misères jusqu’ à la mort ».
« Rien ne s’explique vraiment. Le beau meurt, le laid aussi. Il en va ainsi de la vie. Il en sera toujours ainsi de l’amour. Une tendresse que je ne tiens pas en bride illumine mes paupières : l’acte le plus courageux de la vie de François c’est de m’avoir aimée et à ça il n’y a rien à rajouter ».Personnellement j’ajouterai même brève et douloureuse une telle histoire mérite d’être vécue.
Un lecteur qui est passé par là
Dubois, Alain. -Constance et la ville d’hiver
La vie sur le Bassin d’Arcachon est décrite avec un tel réalisme qu’on s’y croirait.
La famille a occulté toute l’enfance et l’adolescence de Constante vis-à-vis de son père. Il faut toute la ténacité du père et pour finir l’amour de sa fille pour qu’il se rende compte de tous les non-dits et la tristesse de la vie de Constance au sein de cette famille dite bien pensante, pleine de perfidie qui cachent soigneusement les mauvais traitements physiques et moraux infligés à Constance.
Noele
El Aswany, Alaa. - Chicago
C’est la vie d’expatriés égyptiens vivant aux Etats-Unis. Plus particulièrement dans la mythique et sulfureuse Chicago. Les personnages évoluent dans l’environnement de la prestigieuse université de l’Illinois. Ce sont aussi bien des étudiants que des professeurs. Certains bien intégrés et devenus carrément des américains, d’autres restant profondément ancrés dans leur culture arabe.
Au lendemain du 11 septembre, les soupçons, les complots, les intrigues, les manipulations vont bon train. Même les égyptiens vivant aux Etats-Unis sont surveillés par la police de leur propre pays.
Des existences multiples se croisent, se cherchent, se perdent et donnent une dimension politique au roman écrit par l’auteur du célèbre « Immeuble Yacoubian »
Yves
Gaudé, Laurent. -Dans la nuit Mozambique
Plusieurs récits différents et pourtant semblables par leur conclusion.
C’est le bilan en fin de vie, les souvenirs, le remord et la conscience qui hantent et qui «vous bouffent » vos derniers soufflent.
C’est le cas de ce négrier. Il se souvient ‘l’Ile de Gorée, les hurlements des noirs, l’évasion, l’acharnement et le plaisir à les retrouver, la sauvagerie qui se répand comme la puanteur d’un poisson avarié : « Nous n’étions plus nous-même, jusqu’où peut aller l’être humain ? »
C’est aussi le cas de Mo ! Tabassé à mort ! « Ce coup sur la tête, on a secoué toute la poussière » Il revivait dans cette chambre d’hôtel, souvenirs, bonheurs. Son amour pour Ella, puis avec sa nouvelle assistante, devant la détresse, la maladie et enfin la profonde détresse de celle-ci, il n’a rien vu.
Autre personnage : là encore « jusqu’où l’être humain peut-il aller ? Souvenirs des tranchées, conscience ! « C’est cela qui m’a le plus aigri, le sang que j’ai fait couler, plus rien ne me révolte, ne me fait vomir ». « Je suis content de disparaître, la terre vivra mieux sans moi ».
Ce livre nous tient en haleine jusqu’au bout des autocritiques et par la descriptions si belles de l’Afrique, de ses conteurs, de ses odeurs. On peut réfléchir sur les dérives de l’être humain, il reste la conscience retrouvée souvent bien tard mais peut-on dire « Il n’est jamais trop tard ». « La vieillesse est vraiment un naufrage, comme l’a dit un grand homme « ?
Nicole C
Goby, Valentine. – L’échappée
1941 en Bretagne. Madeleine, 16 ans, est femme de chambre à l’hôtel des Ducs occupé par les allemands. Joseph, officier du Reich et brillant pianiste la remarque. Sous prétexte de lui faire tourner ses pages de partitions, il se rapproche d’elle, lui fait découvrir Bach, Mozart, Ravel, à elle qui ne connaît pas la musique. Jusqu’au jour où sa main gauche malade devient inapte pour le piano. Joseph part pour le front russe. 1944, la Libération, ses règlements de compte, Madeleine est tondue sous les yeux de sa fille. Elle trouve refuge comme gouvernante dans le midi. Trahie par le tatouage d’une croix gammée sur son épaule qui transparaît sous un maillot, Madeleine est à nouveau obligée de fuir. A Pan, sa bonne étoile la fera embarquer sur un paquebot de ligne comme hôtesse. Nouvelle vie. Nouvelles rencontres. Anne, sa fille, a 17 ans… Elles découvrent New York au hasard d’une escale. Madeleine est belle…
Pour la fin de ce récit l’auteur nous conte 3 rêves, 3 scénarios pour refermer la blessure de guerre et pour permettre à Anne de retrouver l’identité qu’elle a toujours voulu cacher.
Yves
Jeury Michel. – Les gens heureux ont une histoire
Un grand-père raconte sa vie et celle de sa famille : joies, bonheur, soucis, tout y passe. A travers cela, on comprend que malgré tout il y a de bons moments.
C’est une certaine philosophie de la vie qui nous porte malgré tout vers l’espérance du bonheur et des jours heureux, nous permet de surmonter les épreuves et de garder au fond du cœur la joie de vivre.
Noele
Larsson, Stieg. – Millénium. – 3 vol.
Ces 3 romans policiers ne peuvent nous laisser indifférents. Ils sont dans la lignée des meilleurs polars écrits ces dernières années. Les lecteurs de l’Express ne s’y sont pas trompés : après 13 semaines au palmarès, « Millénium » est encore à la 5ème place.
Tout tourne autour du personnage central « Lisbeth Salander » dont l’enfance plus que maltraitée lui a forgé un caractère hors du commun laissant libre court à sa violence dès qu’on lui fait du tort « C’est la fille qui hait les hommes qui n’aimait pas les femmes.
De nombreux rebondissements nous tiennent en haleine au point de ne plus pouvoir se détacher du livre. Personnellement j’ai lu 2 soirs de suite jusqu’à 2 heures du matin !
Yves
Mengestu, Dinaw. – Les belles choses que porte le ciel
«Par im pertuis rond je vis apparaître les belles choses que porte le ciel ».
Dante « la divine comédie » (Quand il sort de l’enfer)
Stephanos, Kenneth et Joseph, trois africains exilés en Amérique, qui de l’Ethiopie du Congo et du Gabon, se retrouvent tous les jeudis. Ils ressassent leur histoire et celles de tous les pays d’Afrique en proie aux révolutions, dictatures, famines et autres persécutions.
Ils se sont connus il y a 17 ans au début de leur intégration comme bagagistes dans un grand hôtel de Washington.
Seul Kenneth a tiré son épingle du jeu : il est ingénieur. Joseph est serveur dans un grand restaurant. Stephanos, celui qui raconte leur histoire végète dans une épicerie minable. Il nous fait partager la vie de son quartier, pauvre, noir, bon marché victime du marasme économique des années 30.
Aussi Stephanos s’étonne-t-il qu’une femme blanche vienne s’installer à côté de chez lui en rénovant de fond en comble la maison qu’elle vient d’acheter.
Une réelle amitié va rapprocher ces deux êtres différents à travers Naomi la fille métis de Judith, et ensoleiller la vie morose de notre héros.
Un moment, j’ai cru pouvoir penser que cette amitié évoluerait en quelque chose de plus intime. Mais la timidité de Stephanos, la noirceur des habitants du quartier mettront fin à cet espoir.
Son père disait :
« Un oiseau coincé entre deux branches se fait mordre les ailes » Stéphanos dira : « un homme coincé entre deux mondes vit et meurt seul ».
Bouleversant !
Yves
Modiano, Patrick. – Dans le café de la jeunesse perdue
Passeport pour la mélancolie sous le verbe magnifique de Modiano. Tout est magique dans ce roman, les lieux, l’atmosphère dans laquelle baignent les personnages.
Un café, Le Condé, qui exerce un pouvoir magnétique est le lieu de rencontre d’une jeunesse bohême qui vit dans la nostalgie d’une jeunesse perdue. Une figure essentielle est Louki, une femme qui ne sent bien que toujours en fuite.
Un autre café, Le Canter, autre quartier où les habitués sont plutôt des gens louches dont on ne sait ce qu’ils trafiquent. Louki retrouve là « sa part d’ombre ». Elle sert de lien dans ce récit.
On retrouve dans ce roman les personnages fantomatiques de Modiano, ces êtres de passage qui ne laissent que peu de traces. On y lit la fuite du temps et de la jeunesse.
C’est très beau !
Jocelyne
Nothomb, Amélie. – Ni d’Eve, ni d’adam
L’auteur nous invite au Japon et nous fait pénétrer dans la vie des Tokioites. Amélie donne des cours de français à Rinri et tous deux se lient d’amitié. Leurs promenades nous conduisent jusqu’au sommet du mont Fuji et à l’île de Sado.
Dans cette fantaisie charmante, l’auteur nous fait goûter les paysages et jette en même temps un regard critique non dénué d’humour sur le système éducatif, les coutumes familiales et la gastronomie du pays.
Sympathique.
Jocelyne
Pennac, Daniel. – Chagrin d’école
S’appuyant sur son autobiographie et chronologiquement sur son double statut de cancre (élève en échec scolaire…) et de professeur. L’auteur dresse un portrait de ces enfants, sans concession, à travers leurs psychologies et leurs comportements au quotidien (famille-école-groupes) expliquant comment ils en arrivent à développer « la pression de l’échec ».
A partir de ce constat et d’une analyse très détaillée des multiples causes de cet échec scolaire parmi lesquels on retrouve notamment les méfaits de la société de consommation et l’existence de banlieues ghettos, l’auteur propose un catalogue de moyens à la disposition des enseignants, des parents et de la société pour aider les élèves à sortir de leur statut qui n’est pas une fatalité.
Ecrit dans un style clair, vif, précis, cet essai qui ne devrait pas apprendre grand-chose à un lecteur un tant soit peu averti, n’est pas dénué d’intérêts et permet de mieux comprendre les enfants qui « oscillent perpétuellement entre l’excuse d’être et le destin d’exister ».
Guy
Tentative d’exorciser les blessures de deux peuples turc et arménien, l’un souhaitant oublier le passé et de se tourner que vers l’avenir, l’autre restant attacher à son identité. A travers la rencontre d’Armamoush et d’Asya, l’auteur rêve de réconcilier un orient riche de cultures multiples.
J’ai pris énormément de plaisir et ai trouvé un grand intérêt à la lecture de ce très beau livre
Jocelyne
Shafal, Elif. – La bâtarde d’Istanbul
Les turcs ont du mal à reconnaître le génocide arménien. Le roman sert à l’auteure pour revenir sur le passé. Enchevêtrant la comédie au drame, et le passé au présent, Elif Shafak, dresse le portrait sans indulgence de la Turquie actuelle. Les propos tenus par certains de ses personnages arméniens lui valurent une accusation d’ « insulte à l’identité nationale » devant la justice turque. Heureusement acquittée et soutenue par une foule de personnes amies, étrangers de toutes nationalités.
Issues des familles turques Kazanci et des familles arméniennes Tchakhmakchian, Asya et Rose vont faire voler en éclats les secrets les mieux gardés.
Yves
Smith, Zadie. – De la beauté
Tous les sujets sont abordés dans ce livre, tous intéressants, qu’on ne saurait privilégier l’un plutôt que l’autre. Presque tout se déroule autour de l’Université de Wellington et c’est l’occasion de développer le problème de la déségrégation, le mélange des cultures, l’opposition des idées. Howard, professeur d’Histoire de l’art s’intéresse à Rembrandt et mène une vie familiale sympathique avec son épouse Kiki et leurs trois enfants. Et c’est peut-être l’un des meilleurs sujets, celui qui aborde l’écroulement de ce couple.
J’ai été enthousiasmé par le verbe, moderne, jamais vulgaire à travers lequel on ressent une grande chaleur dans les liens qui nous unissent les protagonistes.
Jocelyne
