CLUB LECTEURS - Médiathèques des Chartreux

Mars 2008

Les croissants du dimanche/A. Saumont

Ces nouvelles nous ouvrent un peu plus les yeux sur une société où les liens menacent à tout moment de se rompre. Une écriture précise, une excellente lecture.

Les belles choses que porte le ciel/D. Mengestu

Un livre lent, une écriture lisse, les désillusions d’un immigré, plein de sagesse africaine, confronté à un rêve américain qui n’est pas à la hauteur du sien. Bien qu’il porte en lui les stigmates de l’exil, il contribue néanmoins à en donner une autre image. Magnifique.

Baguettes chinoises/Xinran

L’histoire lumineuse, chaleureuse de trois sœurs qui décident de fuir leur campagne et le mépris des autres pour chercher fortune dans la grande ville. Les filles « méprisables » de par leur condition de filles, ne portent pas de prénom, mais un numéro, et ne sont que des baguettes utilitaires et jetables, alors que les garçons sont des poutres qui soutiennent le toit de la maison. Très émouvant, un beau récit.

Les dieux ne valent pas mieux/ M. Philips

S’attaquer aux mythes n’est pas chose aisée ! Bof ! bof !

L’homme que l’on prenait pour un autre/J. Egloff

Un chouïa moins bien que « l’étourdissement », mais un roman bien écrit, plein d’humour, où l’on retrouve l’univers et la poésie de Joël Egloff.

Le jour où Nina Simone a cessé de chanter/D. Al Joundi

Dans un village du Liban, le soir des funérailles de son père, Noun coupe le son des psalmodies du Coran qui accompagnent obligatoirement cette cérémonie. Scandale dans la famille. On y retrouve les thèmes comme la prise de liberté des filles par rapport à la famille, l’initiation sexuelle, l’accoutumance à la mort omniprésente. Roman troublant par sa violence et sa crudité.

Ker violette/K. Fougeray

C’est un roman qui parle d’amour, d’un amour hors du commun, c’est aussi l’histoire d’une tristesse, d’un abandon, d’un deuil, d’un grand silence. Dans ce livre, on boit beaucoup de champagne, on y respire l’air de la mer, et une odeur surannée de violette. Une émotion et un bonheur instantanés de lecture.

Margherita dolce vita/Stefana Benni

Margherita a 15 ans, elle se passionne pour la lecture et l’écriture. Entre ses parents, son frère aîné, son grand-père (tous complètement loufoques), son chien et son amie imaginaire, elle mène une vie « normale », jusqu’à l’arrivée d’une famille qui va bousculer l’ordre des choses. Un bijou de poésie, de folie tendre, et d’humour. Une réflexion intelligente et décalée sur notre mode de vie moderne.

Mon traître/S.Chalandon

Roman politique et sentimental à la fois : la trahison d’un homme envers une lutte sans merci, menée par l’I.R.A.
Trahir ses frères, sa patrie, n’est pas une mince affaire. Un sujet très intéressant, mais desservi par des longueurs et une écriture « plate ».

Palermo solo/Ph.Fusaro

Un homme dont on ne connaît quasiment rien reste cloitré durant une cinquantaine d’années dans le grand Hotêl et des Palmes de Palerme. Après un début alléchant, l’intrigue s’essouffle avant avant de rebondir de façon émouvante. Le style, ciselé, et toute en sobriété, pare ce drame humain d’une élégance contenue.

La remontée de la civelle/A. Vince

Décidément, Alain Vince (Du raisiné sur le P’tit lu, Haro sur le clown), à l’art d’écrire des policiers toujours réjouissants et correspondant exactement à l’air du temps. On retrouve dans ce nouvel Opus la bonne ville de Nantes,et un nouveau personnage de fliquesse écorché vif. L’intrigue oscille habilement entre des loufoqueries drôlissimes (Saddam Hussein en slip, une histoire de sosie, une civelle dans un intestin), et une sensibilité des personnages étonnante. Bin sur, l’histoire n’est absolument pas crédible, mais ne boudons pas notre plaisir !!!

Le son de ma voix /R. Butlin

Morris, 34 ans, a tout pour être heureux comme on dit : une bonne situation, une femme douce et compréhensive, deux enfants. Mais Morris est alcoolique chronique.
Les mots sont crus, les phrases sèches et violentes, la chute est lente mais inexorable.
Angoisse, perte des illusions, doutes existentiels et lutte pour ne pas perdre pied sont palpables dans ce roman qui ne nous laisse pas intact.

Le totem du loup/R.Jiang

Pour ceux que le sujet du loup passionne, sinon lecture peu captivante…

Le village de l’Allemand/B. Sansal

Tentative poignante, désespérée pour sauver son père.
Dans la quête de Rachel qui laisse à son frère Maltrich, son journal, on entre peu à peu dans l’horreur, celle de l’extermination des Juifs. On est aussi dans la violence des banlieues, dans le mal-être des jeunes embrigadés par les islamistes. Un roman touchant, très émouvant.

Magasin général/Loisel&Tripp

Dans la lignée des deux premiers tomes, rien à jeter, c’est superbe, tant au niveau du graphisme qu’à celui des textes.

Construire un feu/Chabouté

Une excellente B.D. le graphisme est soigné, les couleurs belles, un régal !


Février 2008

LA ROUTE / CORMAC MC CARTHY

Récit monochrome d’un exil sans but. L’apocalypse a eu lieu, le monde est dévasté, et couvert de cendres. Un père et son fils errent sur les routes, poussant devant eux, un caddie rempli d’objets hétéroclites, indispensables à leur survie. Un livre angoissant, peut-être parce qu’il nous projette dans un avenir pas si lointain…Une merveille littéraire !

BERLIN TRAFIC / J. SANTONI

1er avis
Après le suicide de son meilleur ami, le héros du livre est rongé par la culpabilité. Il quitte Paris et les endroits « glauquissimes » que fréquentait son ami, pour s’installer à Berlin. Dans un style sans style, cette histoire n’a pas réussi à retenir mon intérêt, j’ai abandonné.

2ème avis
Bien sûr, il y est question d’homosexualité, avec des descriptions crues, mais l’histoire est bien construite, le personnage intéressant, et l’écriture belle.

CICATRICES / IAN RANKIN

Roman policier de qualité « moyenne ».On y retrouve l’inspecteur Rebus, rebelle, torturé et alcoolique; plaisant à lire, il est toutefois préférable d’avoir lu les enquêtes précédentes.

L’HIVER INDIEN / FREDERIC ROUX

Au nord-ouest des Etats-Unis, une réserve d’Indiens. Misère et alcool sont le lot de ce peuple oublié de tous. Six d’entre eux (au passé douteux) décident de chasser à nouveau la baleine. L’hiver indien est le récit de leur tentative acharnée pour retrouver leur dignité, dans un combat inégal contre la folie écologiste des blancs. Un grand roman.

LETTRE à D. / ANDRE GORZ

1er avis
L’auteur fait son mea culpa à travers ce livre qui est une déclaration d’amour à lui tout seul.
Pour qu’un amour ne s’éteigne pas, il faut que l’un des deux accepte d’avoir le second rôle; il faut une énorme dose d’amour pour que cela soit possible. Un très beau petit livre.

2ème avis
J’ai été déçue, car je m’attendais à une déclaration d’amour qui ressemblerait à celle de la 4ème de couverture, si belle, si poétique !
Je ne doute pas que cet homme ait aimé sa femme, mais c’est un peu facile de lui rendre hommage, alors que tout au long de sa vie (et du livre), il n’a été question que de lui. J’ai trouvé en cet homme une bonne dose d’égoïsme, et un ego de belle dimension.

QUI SE SOUVIENT DE DAVID FOENKINOS ? / D FOENKINOS

De l’ironie bienveillante à l’amertume courtoisement drôle, un roman fragile mais souriant…
J’ai effectivement beaucoup souri à cette lecture « détente ». Un roman qui ne se prend pas au sérieux.

DU SANG DANS LA SCIURE / JOHN LANSDALE

Roman policier : l’histoire se déroule en Amérique au début de la course aux puits de pétrole.
Avec en filigrane, le Ku Klux Klan, ce roman aborde la remise en cause de la toute puissance de l’homme sur la vie de sa femme, le racisme primaire de cette époque, et la possibilité d’une autorité des femmes sur les hommes. Un bon suspens, et un dénouement inattendu.

LE SOI-DISANT / Y. PAGES

Véritable « mêli-mêlo », âpre à la lecture. On n’en retiendra pas grand-chose.

LE THEOREME D’ALMODOVAR / A.CASAS ROS

Défiguré à la suite d’un accident, le narrateur émerge lentement de sa solitude, réconcilie la forme et le sans-forme, explore le monde duquel il s’était retiré. Beauté, désir, érotisme, poésie, les mots d’Antoni se concentrent vers le théorème d’Almodovar qu’il définit ainsi : « Il suffit de regarder assez longtemps pour transformer l’horreur en beauté ».
A recommander.

LA VIE AIGRE / L.BIANCARDI

1962 : Le parcours d’un jeune militant dans l’époque post-fasciste de l’Italie.
Regards sur le début de la société de consommation. Dans un style acerbe et critique, une description presque visionnaire de la société d’aujourd’hui. Un bon roman.

TRILOGIE D’ARN LE TEMPLIER (vol.1 et 2) / J. GUILLOU

1er avis
Un livre riche sur le plan historique, bien écrit, avec des personnages attachants.
Original également, car l’action se déroule dans un pays du nord de l’Europe. Une intrusion dans le milieu ecclésiastique féodal. Très beau.

2ème avis
Très chiant, sans intérêt.

METROPOLITAIN / YAN MARCHAND

En gros, c’est l’histoire d’un mec, vilain comme tout, qui s’en va au boulot, suivi d’un chien très occupé à lui mordre la jambe et à lui baver sur le bas du pantalon.
Forcément, au bout d’un moment, ça l’énerve, et moi aussi. Beaucoup de mal à finir ce bouquin.

AXIOMATIQUE / G. EGAN

Ce livre n’est qu’un fatras incompréhensible pour le simple lecteur que je suis.

LA MARIE EN PLASTIQUE (T1 et T2) / RABATE-PRUDHOMME

Des personnages plus vrais que nature, des dialogues savoureux, entre famille Groseille» et les « Bidochons », bien observé, un vrai régal !


Janvier 2008

L’assassinat de Jessie James…/ Ron Hansen

Magnifiques descriptions de la nature, bien écrit, mais une légende bien loin de la réalité avec une pointe de ressentiment lié à la défaite de la guerre de sécession.

La délégation norvégienne / Hugo Boris

Dans un chalet, un séjour de chasse au cœur de l’hiver, une ambiance paranormale.
Rien de rationnel, surtout pas la fin, bof bof !

Un roi sans lendemain / Christophe Donner

Mais qui a donc tué cet enfant ?
On entre dans le monde révolutionnaire peu reluisant, entre autres celui de l’auteur du « Père Duchesne », journal satirique des sans-culottes, qui incite à la haine et échauffe les esprits. On comprend qu’ils finissent par se couper la tête entre eux. Louis XVII n’est finalement qu’un enfant qui subit une violence aveugle. Les portraits sont originaux, la narration entraînante et s’accélère dans le dernier tiers.

L’île des pas perdus / Bertrand Gervais

Aucun rapport avec la quatrième de couverture, pas lu jusqu’à la fin.

Les disparus / Daniel Mendelsohn

Livre magnifique sur la mémoire et sur la famille. A partir de la ressemblance du personnage principal avec l’oncle qui n’a pas pu passer la frontière, une chasse à la mémoire. Magnifique également la façon dont fonctionne la mémoire. Belle quête avec des photos réelles sur une histoire réelle.

Amina K./ Vincent Munié

Un cameraman croise une athlète africaine, et son documentaire l’amène dans son pays qu’on devine être le Rwanda…On est au cœur du drame.

Le chat dans la gorge / Colette Pélissier

Impression de lire « Martine à la ferme ». Très aseptisé du début à la fin. Niais.

Sansalina / Nicolas Jaillet

Western métaphysique, drame violent. Mexique de 1907 à 1928. Destins croisés de Pablo Zorfi, quasi analphabète, devenu potentat local, et Dolorès, bibliothécaire. Un grand roman d’atmosphère, sur fond de traîtrise, de pauvreté, de pouvoir, de poussière et de sang. Une écriture percutante, un rythme trépidant, font de ce roman, malgré la violence qui s’en dégage, un livre qu’on ne lâche pas d’une page.

Les larmes de Tarzan / Katarina Mazetti

1er avis
Après « Le mec de la tombe d’à côté » que j’avais apprécié, j’ai récidivé.
Sorte de « Pretty woman » mièvrerie en moins, on s’amuse à imaginer comment ces deux-là, vont réussir à se trouver. Un petit bouquin drôle et distrayant.

2ème avis
Moins hilarant que le premier roman.

Hors-jeu / Bertrand Guillot

Pas terrible. La vie d’un jeune cadre HEC, (avec en guise de dents des défenses d’éléphant).
Dominants et dominés, manger ou être mangé, tel est le credo de ce jeune et de ses amis.
En fil rouge, sa participation à un jeu de télé-réalité. Un style plat, un livre qui ne nous apprend rien.

La femme feuille / Charles Hervé-Guyer

Outre un superbe roman d’aventure, c’est bien plus, et l’aventure devient accessoire.
Des hommes d’une tribu amérindienne, sans aucun contact avec la civilisation nous livrent leur conception de la vie,leur regard sur la nature, le chant intérieur qui remplit chaque être.
C’est magnifique, une belle leçon de vie à méditer, et une lecture à faire découvrir à des très jeunes.

Cripple creekk / James Sallis

Un bon petit polar qui se lit avec plaisir ; pas du Conelly ni du Forsythe, mais plaisant tout de même. Ecriture simple mais bien structurée, le personnage principal est bien campé.
A lire sur la plage. Comment, c’est pas la saison ?

Mutafukaz / Run

Un mélange comics/mangas très réussi, avec photos et reportage. Magnifique et hilarant.

Vingt quatre heures sous infusion / Daniel Mulson

Une histoire sans queue ni tête, avec un fatras de personnages inconsistants.
L’auteur a voulu faire dans l’humour, c’est raté.