COMMENTAIRES CLUB LECTEURS

Février/mars 2008

AVRIL 2008

LE TAR DE MON PERE Yasmine Ghata (R GHA)

Un instrument de musique en deuil, qui ne veut plus reproduire les sons que lui demandait son propriétaire. . Le Târ de Barbe Blanche pourrait prouver que les instruments ont une âme et qu'il peut s'approprier et garder les secrets de leur maître, même les descendants ne trouvent pas grâce à leurs yeux. Une très jolie histoire qui raconte des croyances, des légendes et des tabous avec beaucoup d'émotions.
Liliane

Quel instrument magique que ce Târ, c'est un prolongement de l'anatomie du joueur, il garde l'âme des ancêtres, ses cordes identifient le successeur testamentaire du défunt, il est emblème du divin ou l'empreinte du diable. Un beau conte sur l'héritage, la transmission qui nous laisse en transe musicale.
Claude

Conte oriental mêlant jalousie, crime, poésie et croyance populaire. A lire comme tel, intéressant.
Monique

Un très beau conte poétique et dépaysant. On suit cette histoire d'héritage qui semble bien lourd à porter avec beaucoup de raffinement grâce à ce Târ "magique".
Lydie

SIEGFRIED Alex Alice (BD ALI T1)

Plus qu'une bande dessinée c'est un livre d'images que l'on regarde et qui nous transporte. Le graphisme est exceptionnel, les dialogues sont secondaires.
Liliane

Alex Alice nous présente un véritable chef d'œuvre. Ce premier tome est grandiose. Le dessin et le découpage très cinématographique sont impeccables. Le scénario, même s'il nous renvoie vers des territoires connus et certains clichés du genre, est très agréable. Un grand moment de lecture. Vivement la suite... A lire et à découvrir.
Christelle

Plus succession de dessins de très belle facture qu'une bande dessinée à lire. Le peu de dialogues et le découpage du graphisme peuvent déconcerter. A découvrir.
Lydie

PROFONDEURS Henning Mankell (R MAN)

Que penser du héros de cette histoire qui mesure les profondeurs marines pour permettre le passage des bateaux? Travail fastidieux qui semble pourtant passionner ce personnage complexe, silencieux à la vie sentimentale bien terne. Pourquoi est-il soudain obsédé par cette femme solitaire perdue sur une île du bout du monde empêtré dans une position inconfortable? Roman étonnant et triste.
Monique

La grande guerre vient de commencer. Le capitaine de la marine suédoise reçoit la mission secrète : chercher un passage secret dans un archipel pour les navires à fort tirant d'eau hydrographe. Réputé, il se donne corps et âmes à cette mission et va découvrir Sara Shinle sur un îlot où elle vit en solitaire. Alors tout va basculer et de mensonges en mensonges, il va tenter de garder sa femme et sa maîtresse. Nous allons suivre pas à pas cette descente vers l'enfer et sa fin tragique qui ne règlera rien.
Serge

PERTE ET FRACAS Jonathan Tropper (R TRO)

L'auteur nous trace le portrait d'un jeune veuf, sa femme plus âgée que lui, disparue tragiquement dans un accident, laisse son fils, un adolescent qui déteste son père et laisse entendre qu'il aimerait bien vivre avec son beau-père Doug. La famille de Doug n'est vraiment pas de tout repos : un père qui perd la tête, une mère un peu à l'ouest, la petite dernière qui prépare son mariage et sa jumelle bien qu'elle soit enceinte décide de divorcée et vient s'installer chez son frère. Cette soeur essaie de le booster pour le sortir de sa torpeur car il entretient son chagrin d'une façon telle que cela devient de l'auto apitoiement. Malgré tout petit à petit il va reprendre goût à la vie. Mais un dérapage incontrôlé va mettre en péril sa relation avec une jeune femme qui pourrait le sortir de son isolement. Sur le sujet grave qu'est la perte d'un être cher l'auteur ne tombe jamais dans le mélodrame larmoyant. Bien au contraire.
Liliane

A 29 ans perdre sa femme dans un accident d'avion est un drame dont il est difficile de sortir indemne. De surcroît, prendre en charge un ado difficile et révolté n'est pas chose facile, surtout lorsque sa propre famille est un peu "déjantée". Doug va devoir petit à petit admettre l'idée qu'il devient adulte et que la recherche d'aventures féminines dans le vivier des admiratrices qui l'entourent est illusoire. Grâce à ce beau-fils souvent imprévisible il va enfin faire son deuil et se tourner vers son avenir.
Serge

Après la mort accidentelle de son épouse Doug sombre totalement dans un désespoir profond. Sa famille est omniprésente avec la volonté de le rendre à la vie. L'auteur dresse une galerie de personnages fantasques eux-mêmes très perturbés par leurs propres problèmes. Ils sont excessifs, extravagants mais lorsqu'ils laissent tomber le masque on découvre une grande sensibilité, une merveilleuse tendresse. Mais c'est l'élan qui poussera vers lui son jeune beau-fils Russ, adolescent détruit par le chagrin, révolté par la mort de sa mère et la bêtise de son père, qui lui apportera le courage de surmonter son chagrin pour prendre en main la responsabilité de répondre à la confiance de Russ.
Janine

Décidément, Jonathan Tropper nous surprend toujours avec cette facilité à nous faire sourire et même rire grâce à des histoires de famille qui pourtant sont, au départ, de véritables drames. Dès son premier roman, "Le livre de Joe", cet auteur m'avait séduite par sa capacité à mélanger le grave, les sentiments profonds et l'humour.
Lydie

LL'EMPAILLEUR DE REVES Nikom Rayawa (R RAY)

Un séjour en Thaïlande bien loin des centres touristiques, loin des temples prestigieux. Nous sommes parmi de simples villageois au bord d'un fleuve dans un village où ne passent que quelques chasseurs soucieux de donner vie à ce qu'ils ont tué, uniquement pour le trophée glorieux. Le partage du travail se fait uniquement entre le dangereux halage du bois et la sculpture d'animaux en bois. Mais la poésie et le merveilleux sont dans les rêves.
Janine

Un très beau texte sur la vie très contrastée en Thaïlande entre le dur labeur des cornacs, pour certains amoureux des éléphants tel Com-ngaï et Plaïsoute, spécialistes du débardage d'énormes grumes et de petits artisans sculpteurs ou empailleurs de trophée. Ode à la vie au bord de la rivière Yom dans un environnement hostile. La philosophie bouddhiste est omniprésente.
Serge

LA CITE DES ANGES DECHUS John Berendt (P BER)

En suivant l'auteur nous allons parcourir Venise. Le fil conducteur est l'incendie de la Fenice et sa reconstruction. Nous allons donc pénétrer dans les arcanes de la politique, des affaires, des arts vus par les vénitiens et par les américains dispensateurs de "fric". De luttes d'influence, en tractations sordides la vie fait son petit bonhomme de chemin et l'agitation du microcosme intellectuel doit s'adapter au rythme du temps, tel qu'il se vit dans la Sérénissime. La restauration de l'église Ste Marie des Miracles était signalée aux passants par des panneaux très explicites " Attention! Chutes d'Anges." à Venise les Anges n'ont pas fini de tomber.
Serge

Venise la démocratique, tout le monde se déplace à pied, pas en limousine. Venise l'aristocratique avec ses palais, ses artistes, ses réceptions mais aussi son patrimoine qui prend l'eau ou part en fumée. Venise l'énigmatique avec ses mystères non résolus, ses habitants qui portent des masques même en dehors du carnaval, ses bienfaiteurs, ses profiteurs, ses intrigants…avec John Berendt Venise la Sérénissime nous fascine…
Claude

Enfin, le deuxième roman de John Berendt. Que l'absence était longue après "Minuit dans le jardin du bien et du mal". Et on retrouve avec plaisir sa force à nous tracer des portraits de personnages plus farfelus les uns que les autres. Visiter une grande ville avec cet auteur, c'est découvrir de la fantaisie et de l'insolite à chaque coin de rue.
Lydie

LES HOMMES QUI N'AIMAIENT PAS LES FEMMES (Millenium)
Stieg Larsson (P LAR T1)

Michaël, un journaliste économique, sympathique, empathique associé à Lisbeth, une pirate informatique et une phobique de l'affectif, remontent le temps pour enquêter sur la disparition d'une fille de grande famille. Ils ont les bonnes photos à portée de main, un puzzle macabre et palpitant.
Claude

A histoire monstrueuse, enquêteurs hors du commun. Et seul un duo d'enfer comme celui de Michaël Blomski et Lisbeth Salander peut réussir là où la police et le vieil Henrik Vanger ont échoué. Le lecteur oublie le temps et l'espace pour frissonner littéralement aux caprices d'un thermomètre peu enclin à la douceur, donc parfaitement adapté à l'ambiance inquiétante régnant au sein de la famille Vanger au fond fief reculé. Ici pas question de l'intervention de la police: Lisbeth a ses raisons de refuser catégoriquement cette éventualité et l'affaire est classée depuis bien trop longtemps! L'action est menée tambour battant, le lecteur n'a pas le temps de reprendre son souffle que déjà, une autre piste se profile et puis une autre. L'écheveau inextricable de la disparition de la jeune Hariett ne résistera pourtant pas à la ténacité, à l'esprit d'investigation de l'excellent journaliste Millenium et sa soif de vérité et de revanche ni à la personnalité d'asociale hautement torturée, quoique douée de facultés incroyables, de cette jeune fille au profil anorexique, tatouée et percées de partout. La psychologie fouillée des personnages, l'analyse des grands groupes économiques suédois, du monde complexe de la finance et des médias font de cet excellent triller, une aventure passionnante de bout en bout, que l'on ne quitte qu'à regret… avant de foncer avidement sur les deux autres tomes, puisque suite il y a.
Anne-marie

LA ROUTE Cormac Mc Carthy (R MCC)

Si vous prenez la route en compagnie d'un père et de son fils vous serez hanté par cette atmosphère de fin du monde, les monstres que vous allez croiser, le soleil qui ne perce plus, les cendres qui recouvrent terre et mer et se sont infiltrés aussi dans le cœur de survivants. Un roman crépusculaire qui sème l'effroi.
Claude

La route est un roman d'une beauté d'autant plus éblouissante que les décors sont noirs et gris. Il est impossible d'en interrompre la lecture, l'absence de chapitre y est sans doute pour quelque chose. La relation entre cet enfant si fragile et son père si courageux est sublime et pousse l'émotion à son comble dans une fin à la fois pleine de la plus grande tristesse et laissant entrevoir, enfin, une lueur d'espoir.
Christelle

MOI, MILANOLLO FILS DE STRADIVARIUS Jean Diwo (R DIW)

Le livre nous plonge dans la vie d'un violon, de 1728 à nos jours, mais pas n'importe lequel : un Stradivarius. Il nous fait découvrir ou redécouvrir de grands violonistes et de grands compositeurs. On vibre aux sentiments qu'il exprime, assez proche de ceux de l'humain à travers les concerts dans les cours d'Europe et avec les grands orchestres de chambres.
Charles